Dans la salle, la petite foule apprécie. Elle applaudit. La plupart des socialistes présents représentent l’aile gauche du PS, ils partagent de nombreux combats avec les insoumis. Jean-Luc Mélenchon souhaite qu’ils franchissent le pas, qu’ils prennent place au sein de son mouvement. Installé au premier rang, le député européen, Emmanuel Maurel écoute attentivement. Il s’approche chaque jour un peu plus d’un départ du PS pour rejoindre le tribun à quelques mois des élections européennes : «J’ai toujours eu des liens personnels très fort avec Jean-Luc, ce n’est pas un secret.»

«Rupture»

Les mots de Jean-Luc Mélenchon ne tombent pas du ciel. Il met en place sa stratégie. Après une année à l’Assemblée nationale avec son groupe, il ouvre le dialogue. Il met en avant son score à la présidentielle et l’état de forme des autres familles politiques à gauche afin de se positionner au centre du jeu. Aux socialistes, il dit : «Je ne vous propose pas un asile politique mais je vous invite à prendre vaillamment votre place dans un combat à mener.» Mais pas à n’importe quel prix.

Le chef des insoumis parle de rupture et il veut des preuves. Lesquelles ? La sortie des traités européens, ne plus discuter avec le SPD allemand qui gouverne avec la chancelière allemande Angela Merkel, la sortie de l’Otan… En échange, Jean-Luc Mélenchon, qui a déjà en ligne de mire la présidentielle, fait une proposition : «En 2021, on mettra à jour le programme de La France insoumise ensemble.» Un socialiste présent et heureux : «Il a compris qu’il ne pouvait arriver au pouvoir seul !» Une collègue qui s’interroge : «Tu penses qu’entre Hugo Chávez et Mitterrand il a choisi Mitterrand ?»

Rachid Laïreche envoyé spécial à Marseille Patrick Gherdoussi